Cécile Beaulieu | 19.03.2009, 19h12 | Mise à jour : 19h13
Sciences-Po, le prestigieux Institut d'études politiques (IEP) de la rue Saint-Guillaume, à Paris (VIIe), a été évacué et fermé jeudi vers 17 heures. Une mesure de précaution prise par la direction de l'établissement, assistée par les forces de police, après un mystérieux coup de téléphone d'une personne se revendiquant d'un groupe anarchiste qui menaçait d'occuper l'école.L'ensemble des sites appartenant à Sciences-Po dans la capitale, ont été fermés et placés sous la surveillance des CRS. Mardi dernier, quelque 200 étudiants de diverses universités de Paris et de banlieue, s'étaient introduits dans le grand amphithéâtre de l'IEP pour s'élever contre «un symbole du système élitiste et hiérarchique dans l'enseignement supérieur français», selon le syndicat SUD-Etudiant.
200 étudiants d'universités occupent Sciences-Po Paris
Hier, 19h31
LePoint.fr
L'Institut d'études politiques (IEP) de Paris, ou Sciences-Po Paris, était occupé mardi en fin d'après-midi par quelque 200 étudiants. Ces derniers voulaient dénoncer les inégalités dans l'enseignement supérieur en France, selon un étudiant sur place et le syndicat Sud-Etudiant. "Quelque 200 étudiants d'universités franciliennes, Paris-I, Paris-III, Paris-X, Paris-VIII-Saint-Denis, Paris-XIII-Villetaneuse, de l'EHESS et de l'École normale supérieure occupent Sciences-Po depuis 16 h 45", affirmait un étudiant de Paris-VIII souhaitant rester anonyme.
"Un débat s'est instauré dans le grand amphithéâtre avec des étudiants de première année de Sciences-Po sur les inégalités dans l'enseignement supérieur entre les grandes écoles et les universités", assurait-il. "Vers 18 heures, neuf cars de police se sont déployés autour de l'IEP", ajoutait-il. Dans un communiqué, le syndicat Sud-Etudiant a lui aussi annoncé cette occupation du "symbole du système élitiste et hiérarchique dans l'enseignement supérieur français". "On veut nous enfermer dans des facultés qui tombent en ruine, alors nous nous enfermons dans l'école la plus riche."
Témoignage
Sciences-Po occupé : caricature de la "fabrique des élites"
Par Juan Paulo Branco Lopez | Etudiant | 18/03/2009 | 09H26
C'était mardi. Alors que Sciences Po s'y préparait depuis plusieurs jours, « l'invasion » a finalement eu lieu. Pourtant, des contrôles stricts à l'entrée de l'établissement avaient été instaurés sur injonction du directeur Richard Descoings, qui en avait profité pour engager des vigiles d'une société privée.
Malgré ce dispositif visant à éviter la prise d'une proie symbolique et facile d'accès pour le mouvement des enseignants-chercheurs, une brèche fut finalement ouverte de l'intérieur et une trentaine d'enseignants et d'étudiants universitaires réussirent à entrer dans l'institution peu après 17h00.
Provenant en majorité d'universités parisiennes, c'est dans un certain calme qu'ils déployèrent dans le hall une bannière demandant la dissolution de « tous les IEP ». Après avoir assuré le spectacle devant des étudiants en majorité amusés (mais pas tous, comme le montre la vidéo ci-dessous), les universitaires se dirigèrent vers l'amphithéâtre principal afin d'y empêcher la tenue du cours d'Olivier Duhamel sur les institutions politiques.
Prenant place sur l'estrade et refusant les propositions de médiation du professeur et de l'administration, leur tentative d'amorcer une assemblée générale entraîna le départ de la majorité des étudiants et une première vague de quolibets.
Dans une ambiance moins décontractée qu'au départ, une tentative de « cours alternatif » fut vite avortée et les étudiants de Sciences Po progressivement évacués d'un batîment désormais bloqué.
Les journalistes se massaient en même temps que les gendarmes mobiles aux portes du 27 rue Saint Guillaume et le coup semblait réussi pour des universitaires qui venaient de s'offrir une vitrine médiatique.
« Elitistes », « fils de bourges », « consanguins »...
Si factuellement il ne ressort rien de bien passionnant de ce « non-événement », dont le bilan se réduit à une cheville foulée pour le responsable associatif de Sciences Po et à une évacuation dans le calme vers 20h30, il n'en reste pas moins que cette journée fut l'occasion de faire l'amère (re)découverte d'un fossé (symbolique ou réel) entre le monde universitaire et Sciences Po.
En effet, et si aucun dégât matériel n'a pu être constaté, ni aucune violence physique exercée, le climat entre universitaires et « pipoteurs » n'en fut pas moins tendu, et les préjugés firent constamment barrière au débat.
Les minorités en profitèrent rapidement et aux arrachages de banderoles par des militants UNI en trench et chemise répondirent des doigts d'honneur, tags divers de la part d'autonomes bière à la main : l'affrontement sombra vite dans la caricature.
Ainsi, les manifestants profitèrent des réactions disproportionnées de certains étudiants de Sciences Po pour reprendre les traditionnels reproches effectués à l'institution (« élitistes », « fils de bourges », « consanguins »...).
Une majorité des étudiants de Sciences-Po qui étaient restés dehors, dans l'attente d'une hypothétique réouverture, commença à scander des slogans à l'élitisme aussi caricatural qu'assumé. De l'inoffensif et potache « Cac 40 Cac 40 » au plus douteux « On payera votre RMI » en passant par un « Dégagez-les, chargez-les » adressé aux forces de l'ordre, la violence verbale dépassa très vite l'autodérision initiale, certains n'hésitant pas à dépasser la ligne jaune.
C'est alors un mépris très majoritaire et clairement assumé qu'afficha la majorité des étudiants de Sciences Po non seulement vis-à-vis des personnes présentes, mais aussi du mouvement contestataire dans son ensemble. Les étudiants ne sortirent pas grandis d'une dérive qui les amena à applaudir l'arrivée des forces de l'ordre.
S'il faut se demander à quel point ces propos sont représentatifs, il n'en reste pas moins que les statuts allant d'un gentille condescendance à un franc mépris (« please, c'est donner trop de crédit à des conneries mal rasées et pas lavées... ») en passant par un je m'en foutisme exaspéré (« on aurait pu les dégager plus tôt, je vais encore avoir un rattrapage à 8h00... ») ont été légion, sans que ne soit véritablement abordée à aucun moment la question du mouvement universitaire et des potentielles conséquences des mesures prises par Pécresse et Darcos.
Un vase clos ?
Profiter d'un événement certainement contestable mais à la portée politique indubitable pour saisir la balle au bond et se poser des questions de fond, plutôt que de s'attarder avec une frivolité assumée mais non moins dérangeante sur le physique et les habits d'enseignants et étudiants qui n'ont fait que tenter d'apporter un nouveau coup de projecteur à leurs revendications en « envahissant » ce qui reste pour eux un palais inaccessible et symbole d'un élitisme égoïste et décomplexé, aurait permis tant aux étudiants qu'à l'administration de Sciences Po de continuer à se défaire des préjugés que se fait une grande partie de la communauté universitaire sur les IEP. Ce sera pour une autre fois.
Cela veut-il dire que Sciences Po ne serait qu'un vase clos, alors même que tous les médias s'empressent de vanter les politiques d'ouverture de son directeur Richard Descoings, lui même issu d'un milieu modeste ? Sans qu'il soit ici question de trancher sur cette question, la réaction de toute une tranche des Sciencespotards lors de cette occupation remet en cause bien des espoirs que l'on était en droit de fonder sur l'évolution de cette « fabrique des élites ».
これは一見悲しい歌に聞こえなくもないですが、He's just not that into youという映画で一番最後の一番素敵なシーンと、
"And if you have a minute why don't we go Talk about it somewhere only we know? This could be the end of everything. So why don't we go, so why don't we go."
という歌詞がシンクロして、おお、と思いました^^
フランスでは、Ce que pensent les hommesという題名。 これ、今日、もう一度見に行きます◎